[Conférence ANAMIA] Georges Vigarello « La minceur n’est pas une obsession exclusivement moderne »

Vidéo et slides de La minceur, obsession ou danger, conférence de l’historien Georges Vigarello, directeur d’études à l’EHESS et auteur, entre autres, de La silhouette (2012), Les métamorphoses du gras (2010) et Histoire de la beauté (2004).

 

« Notre vulgate à nous a tendance à nous faire penser que nous connaissons pour la première fois une société où s’impose de façon forte l’exigence de la minceur. Or, quand on travaille sur un certain nombre de repères historiques, on se rend compte qu’elle était déjà là. Méfions nous : avant, aussi, on avait une exigence à l’égard de la minceur. » (G. Vigarello)

 

Dans cette intervention, tenue lors de la journée d’étude Comprendre le phénomène pro-ana : corps, réseaux, alimentation qui a eu lieu, dans le cadre du projet ANR ANAMIA, au Petit Auditorium de la BNF (Bibliothèque Nationale de France, Paris) le 14 décembre 2012, Georges Vigarello montre comment le souci de la minceur (et de la maigreur) traverse l’histoire de nos sociétés, du Moyen-Âge à nos jours. Pour quelles raisons le corps robuste du chevalier a-t-il cédé le pas, au XVIe siècle, à la légèreté du courtisan ? Pourquoi Madame de Sévigné sommait sa fille de « grossir » tout en étant elle-même dominée par « la crainte de rengraisser » ? Loin d’être une obsession moderne, la minceur est associée à des enjeux plus profonds : non seulement les canons esthétiques, mais aussi les équilibres entre les sexes, la stratification sociale et le rôle de la médecine.

 

Pour aller plus loin :

  • Georges Vigarello, La silhouette, du XVIIIe siècle à nos jours : Naissance d’un défi, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Beaux livres », 2012, 160 p.
  • Georges Vigarello, Les métamorphoses du gras : Histoire de l’obésité du Moyen Age au XXe siècle, Paris, Éditions du Seuil, coll. « L’univers historique », 2010.
  • Georges Vigarello, Histoire de la beauté : Le corps et l’art d’embellir de la Renaissance à nos jours, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Histoire de la France politique », 2004, 320 p.