Médecins, patients et chercheurs d’une seule voix contre le délit d’anorexie sur Internet

Dans la nuit de mercredi 1 à jeudi 2 avril, un amendement à la Loi Santé visant à pénaliser les sites internet accusés de prôner l’anorexie a été approuvé par les députés. C’est une mesure problématique et dangereuse contre laquelle les chercheurs de l’équipe ANAMIA ont été les premiers à prendre position.

Dans une tribune publiée dans Libération le jour suivant, ils dénoncent une mesure législative qui « met en danger de dizaines de milliers de personnes atteintes de troubles alimentaires ». Un communiqué publié sur le site anamia.fr invitait « les malades, les familles, les associations et les professionnels de la santé à prendre la parole contre cette mesure législative dangereuse. » Cet appel a été entendu.

http://www.liberation.fr/societe/2015/04/02/un-amendement-qui-met-en-danger-les-malades_1234013

Un amendement qui met en danger les malades – Libération

Leur critique du « délit d’anorexie sur Internet » est relayée lors d’interventions (sur France 24, RTL, Europe1), interviews (L’Obs, L’Express, Vice, PourquoiDocteur), comptes rendus (Numérama, Le Plus Nouvel Obs, Le Monde, Ouest-France, Le Figaro, Santé Magazine, The Daily Beast).

48 heures après, une dynamique importante de prise de conscience au niveau national semble être engagée : associations des médecins et de patients, professionnels, personnes ayant vécu avec l’anorexie et le boulimie prennent la parole pour critiquer cette énième mesure problématique de la Loi Santé.

Dans Le Monde, Pierre-Antoine Chardel (philosophe) et Juliette Rouchier (économiste) sur les dangers éthiques des « loi anti-anorexiques »

– Dans Figaro Santé, Jean-Michel Huet, psychanalyste spécialisé dans les troubles alimentaires.

– Dans The Independent, la plus importante ONG anglaise contre les troubles alimentaires (B-eat) s’oppose à la criminalisation des sites pro-ana.

– RFI : « pour les médecins toute tentative de censure et de répression est non seulement inefficace mais aussi nuisible ».

– Dans Slate, Paola Tubaro (ANAMIA) et Nicolas Sahuc (diététicien et membre de l’assicuation AFDAS-TCA).

– Sur LCI, Me Rodolphe Bosselut, avocat au barreau de Paris : « on essaye de répondre à une maladie avec une loi pénale.

– Dans 20minutes, Nathalie Godart (association FNA-TCA), pédopsychiatre au Service de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte de l’Institut Mutualiste Montsouris.

– Dans l’émission 28 minutes (ARTE), Claude Fischler (ANAMIA) et Georges Vigarello (historien).

– Dans Femme Actuelle, la Irène psychiatre Kaganski dénonce « une fausse bonne idée ».

– Nouvel Obs : le témoignage d’une ex-anorexique : cette loi « va enfermer les malades dans un mutisme terriblement dangereux ».

– Dans le Journal des femmes, la présidente de Fondation Sandrine Castellotti : « on ne peut pas devenir anorexique en consultant les sites pro-ana ».

– Sur le blog Au Hasard, le témoignage d’une blogueuse ayant souffert d’orthorexie : « sanctionner, c’est isoler encore plus ».

Aider, pas punir les personnes atteintes de troubles alimentaires passe aussi par la reconnaissance de l’importance de ne pas criminaliser ces sites, qui constituent des lieux de parole tout à fait inédits et complexes, où les contenus jugés « pro-ana » se mélangent parfois de manière indissociable avec des discours d’entraide ainsi que de l’accompagnement au soin.

Sur Twitter…

https://twitter.com/damienalc/status/584055085254234113

https://twitter.com/anamia
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